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A l’annonce de la Porte de Clignancourt certaines personnes vous diront le 18e, le fameux quartier des Puces, Saint-Ouen, le Stade Bauer, le Red Star. Le Football populaire, celui du XXe
siècle où l’intérêt primordial était de marquer un but de plus que l’adversaire, de faire gagner son équipe et de respecter le maillot que l’on portait.
Bien sur le stade Bauer n’est plus aujourd’hui aussi fringuant qu’à ses plus belles heures, mais il a une âme. Il respire le foot, pas le football Champions league, la ligue 1 ou les
millions d’euros mais juste le foot. Un endroit où une fois la porte passée on entre dans un autre univers, où on est plongé à la fois en pleine ville mais aussi complètement ailleurs. Un lieu à
part qui vit pendant 90 minutes juste pour le foot, un football vert et blanc avec une étoile rouge sur le cœur.
Alors oui le stade doit, aujourd’hui se moderniser se mettre aux exigences du football que l’on dit moderne, mais juste cela pas plus. Il faut qu’il soit capable d’accueillir des matches de
haut niveau mais pas au détriment de son âme.
J’aime voir
ce stade vibrer au cœur de la ville les soirs de matches, une ville de laquelle il fait partie à part entière. J’aime ce sentiment de cohabitation entre la ville, le sport et
l’histoire. Car Bauer est une part d’histoire, à l’image de ce vieux Paris où la porte d’une ruelle peut ouvrir sur un univers caché que personne ne pourrait déceler du dehors. J’aime voir la
lune sourire au dessus du Sacré-Cœur par un soir de victoire. J’aime voir ce stade depuis le périphérique extérieur qui s’élève derrière le quartier des antiquaires.
J’aime ce stade.
114 ans, dont 102 ans à fouler le même carré de pelouse à Saint-Ouen, le Red Star mérite bien une rénovation de son Stade Bauer.
102 ans de coexistence entre les puces et le stade, 102 ans où chacun a trouvé sa place, 102 ans où chacun a amené du monde à l’autre.
102 ans d’une réflexion qui aboutissent à trouver bien plus important un parking qu’un stade de football.
A l’heure où Paris, Saint-Ouen et toutes les communes du « Grand Paris » souhaitent mettre tout en œuvre pour voir disparaître les voitures des villes (Tramway, autolib, velib..), on préfère un
parking à stade de football populaire.
Les Puces de Saint-Ouen c’est 5 millions de visiteurs par an. Ouvert trois jours par semaine (samedi, dimanche et lundi), cela nous fait un peu plus de 150 jours par an. Si on fait le ratio de la
fréquentation par jour, c’est plus de 30 000 visiteurs par jours. Donc 30 000 personnes se déplacent tous les week end au Puces de Clignancourt, mais le stade ne peut accueillir les soirs de
grands matches 20 000 spectateurs…
Soit. "Que vous soyez puissants ou misérables, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir", disait Lafontaine.