115e bougie !

Publié le par rémi

12 mars 1897

Les Statuts du club déposés le 12 mars 1897

 

texte de Jules RIMET lors du cinquantenaire du club en 1947

Le Red Star est né aux premiers mois de l'année 1897, dans l'autre siècle ! Je ne crois pas que l'on puisse fixer la date de sa naissance avec plus de précision. Il ne doit plus subsister de pièces d'archives qui permettraient de l'établir avec exactitude. 

 

Comme les mousquetaires, nous étions trois, c'est-à-dire quatre, à tenir ce nouveau-né sur les fonts baptismaux, si j'ose ainsi nommer la table de marbre d'un « bistro » du Gros-Caillou, où se passa la cérémonie ! Charles de Saint-Cyr, qui fut poète « intenséiste » et champion de course à pied, Ernest Weber, joueur de football au Club Français, journaliste sportif et père de Jean Weber de la Comédie Française, mon frère Modeste et moi. La marraine fut une Anglaise, Miss Jenny, qui faisait office de gouvernante chez nos parents. Ce fut elle qui donna à la nouvelle société, bien française cependant, son nom anglais.

 

Tout de suite, bien entendu, nous avons nommé un Comité. Mon beau-frèreJean de Piessac accepta d'en être le Président et mon frère, qui avait la foi sportive et le goût du travail, choisit le poste de Secrétaire que dès ce moment, et pendant de longues années par la suite, il remplit avec une application et un dévouement inimaginables. C’est à lui surtout que le Red Star doit d’avoir surmonté les difficultés qui ont mis bien souvent son existence en péril au cours de ses premières années.

L'enthousiasme est communicatif. Les adhésions provoquées par un apostolat, où nous mettions une ardeur que rien ne décourageait, vinrent si nombreuses que le nouveau club comptait bientôt un effectif d’une centaine de membres, chiffre inouï à l’époque.

 

Vous allez penser que ce fut un gros succès pour le football. Non ; notre activité sportive sous l'impulsion de Charles de Saint-Cyr, puis de Georges Clément, une recrue des premiers jours, fut presque exclusivement d'athlétisme, le football ne vint qu'après, mais telle était déjà la force d'attraction de la balle ronde, qu'il ne tarda pas à en prendre le dessus.

 

Nous allions de l'avant, pauvres de moyens matériels, mais riches de notre jeunesse et de cette audace aveugle qui force les obstacles au risque de s'y casser le nez.

La belle époque ! Je courais les salles de rédaction pour faire passer dans les journaux des communiqués où l'optimisme - ce mensonge que l'on se fait à soi-même - l'emportait le plus souvent sur la réalité.

(…)

Peu à peu la maison s'est agrandie. Le football y a pris la plus grande place.  Le  Red Star est devenu, en dépit de ses origines modestes, l'un des  grands clubs du sport français. Son rayonnement est tel que d’autres sociétés sportives, en France et à l'étranger, lui ont emprunté son nom.  Il faut voir dans cet emprunt un hommage rendu à son prestige.

(…)

Pour terminer, je citerai avec une variante appropriée une phrase de Mme de Sévigné parlant du vieux Cor­neille : « Vive à Jamais notre vieux Red Star ! »

 

journal 008

 

 

967_001-copie-3.jpgLe "bistro" du gros Caillou, Café des Sports lieu de naissance du Red Star.


Publié dans redstar-football

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Jacques 14/03/2012 01:33


SUPER SYMPA... ET AVEC LA PHOTO ON PEUT IMAGINER LA VIE DE L'ÉPOQUE.


Amicalement,


Jacques